• Conférencier : Claire DE MARCH, Centre Médical de l'Université de Duke
  • Date : 20/05/2022 2:00
    • Lieu : Amphithéâtre Pasteur, bâtiment 2, campus Lombarderie
  • Les mammifères, pour évoluer dans leur environnement, font constamment appel à leurs cinq sens : la vue, l’ouïe, le toucher, le goût et l’odorat. Si tout le monde sait nommer la perte de la vue ou de l’ouïe, très peu connaissaient le terme lié à la perte de l’olfaction avant la pandémie de COVID-19 : l’anosmie. C’est très révélateur du peu de connaissances que nous avons sur le fonctionnement de notre odorat. La perception des odeurs est basée sur les récepteurs olfactifs (RO), qui appartiennent à la grande famille des récepteurs couplés aux protéines G. Les gènes codant pour ces protéines n’ont été découverts chez le mammifère qu’en 1991 par Linda Buck et Richard Axel (prix Nobel de médecine 2004), ce qui signifie que l’homme a fait ses premiers pas sur la lune avant de savoir comment il sentait son café. Depuis, des progrès rapides ont été réalisés par la communauté scientifique pour mieux comprendre les mécanismes impliqués dans la perception des odeurs. Ici, je présenterai les liens établis aujourd’hui entre la perception d’une odeur et l’émotion qu’elle déclenche jusqu’aux engrenages moléculaires rendant les RO sensible aux molécules odorantes. Ce progrès est possible grâce à une combinaison d’expertises mêlant analyse sensorielle, biologie cellulaire, biochimie et analyse structurale. J’ouvrirai également la discussion sur les possibilités que l’étude de l’olfaction pourrait ouvrir et leur impact sur notre vie quotidienne.